“Se donner des objectifs, c’est l’essentiel” : l’incroyable rebond d’Anne-Élizabeth, handiathlète

Atteinte d’une maladie neurologique rare depuis l’adolescence, Anne-Élizabeth d’Acremont a trouvé dans le handisport une force, un équilibre et une direction. Aujourd’hui engagée en rugby et basket fauteuil, elle poursuit son parcours jusqu’en Espagne, portée par une conviction : ne jamais se limiter à ce que le corps impose.
A treize ans, la vie d’Anne-Élizabeth d’Acremont bascule lorsqu’elle perd soudainement l’usage de ses jambes. Elle souffre d’une maladie neurologique rare entraînant une tétraparésie, paralysie partielle des quatre membres. La jeune fille se retrouve alors en fauteuil roulant, avec une foule de questions restées encore aujourd’hui sans réponse. Le véritable diagnostic est impossible, aucun médecin ni aucun examen ne parvenant à trouver l’origine exacte du mal qui la foudroie soudainement. « C’était très dur de ne pas avoir de réponses, de ne pas pouvoir poser des mots sur ce qui m’était arrivé », confie à Aleteia Anne-Élizabeth aujourd’hui âgée de 27 ans. « Pendant quelque temps, on a cru que c’était une phase, que ça allait peut-être passer », se rappelle-t-elle.
Mais les années passent, et la réalité s’impose. Anne-Élizabeth doit apprendre à vivre en fauteuil roulant, en permanence. Une adaptation progressive, loin d’être évidente, pour elle comme pour sa famille. « Ça a été difficile pour tout le monde. Mais ce qui m’a aidée, c’est qu’on m’a laissée me débrouiller, trouver mes propres repères », explique la jeune femme.
Loin de se résigner, elle trouve dans le sport une échappatoire, voire une forme de résurrection. À 19 ans, parcourant les réseaux sociaux, Anne-Élizabeth découvre le rugby fauteuil. Elle décide d’essayer, dans un club parisien. L’accroche est immédiate. « J’ai tout de suite eu l’impression de trouver ma place », dit Anne-Élizabeth qui, loin de s’arrêter là, se lance aussi dans le basket. La jeune femme débute dans un club à Paris avant d’être contactée par une équipe de rugby fauteuil en Espagne (Dragones Quad Rugby, à Séville), avec laquelle elle joue en haut niveau depuis plus d’un an. Elle évolue désormais en championnat national, en rugby comme en basket, tout en gardant un pied en France pour certaines compétitions. Le quotidien d’Anne-Élizabeth est celui d’une sportive de haut niveau : entraînements quasi quotidiens, matchs réguliers le week-end, déplacements fréquents. Un rythme soutenu, même si le statut n’est pas professionnel. « On s’entraîne presque tous les soirs. C’est prenant, physiquement et mentalement », reconnaît-elle.
Le sport comme levier d’acceptation
Si elle explique avoir de temps à autre des « coups de mou », l’athlète peut compter sur son entourage, qu’elle qualifie de sa « plus grande force » : son compagnon, également coach de l’équipe, tout comme ses coéquipiers, qui ont facilité son intégration en Espagne. Au-delà de la performance, le sport a profondément transformé son rapport à elle-même : « J’ai réussi à m’accepter telle que j’étais devenue. À comprendre que j’étais capable de faire des choses, de progresser, d’évoluer. » Se fixer des objectifs devient alors une boussole. Une manière de continuer à avancer, malgré les incertitudes liées à la maladie, aujourd’hui stabilisée mais toujours sans diagnostic précis. « Il ne faut pas se limiter aux obstacles que le corps nous impose », estime Anne-Élizabeth. Sa motivation se trouve désormais dans les petites comme les grandes victoires du quotidien. « Ce qui me rend heureuse, c’est de pouvoir aller au bout de ce que j’entreprends. On peut tous rencontrer des difficultés. Mais se donner des rêves, des objectifs, c’est essentiel. C’est comme ça qu’on avance, et qu’on ne passe pas à côté de sa vie. »
Source: https://fr.aleteia.org/2026/04/17/se-donner-des-objectifs-cest-lessentiel-lincroyable-rebond-danne-elizabeth-handiathlete/